LEGS DES JÉSUITES

Archives du scolasticat de l’Immaculée-Conception

En 1885, une maison de formation des jésuites en philosophie et en théologie est ouverte au coin des rues Rachel et Papineau à Montréal: c’est le scolasticat de l’Immaculée-Conception. En 1932, cet institut de formation de niveau universitaire devient une faculté canonique (reconnue par le Vatican) et, en 1952, une faculté civile dont les diplômes sont reconnus par le gouvernement du Québec.

Parmi les archives du scolasticat de l’Immaculée-Conception («Collegium Immaculatae-Conceptionis») se trouvent des notes de cours (de philosophie et de théologie) dispensés par certains professeurs. Il importe aussi de signaler les 637 thèses présentées de 1933 à 1967 par les étudiants à la faculté en vue d’obtenir la licence en philosophie. «Le scolasticat a fait imprimer un papier spécial pour la transcription des thèses de licence en théologie et en philosophie; de format papier romain, la feuille est bordée d’une encadrure (sic), avec au bas à gauche, en lettres fines, l’inscription «Facultés de théologie et de philosophie», et à droite, «L’Immaculée-Conception – Montréal», le tout d’une apparence propre et distinguée.» (Nouvelles de la province du Bas-Canada, 32e année, nº3, mars 1954, p. 26.)

Les sept thèses de 1967 sont:

– 631. Beaudry (Albert), L’Un et l’absolu chez Novalis
– 632. Bouchard (André), La Phénoménologie chez Hegel
– 633. Brunel (Gilles), La structure du langage platonicien
– 634. Lebel (Normand), À propos du retour à Platon
– 635. Lever (Yves), La théorie esthétique de Hegel et le cinéma
– 636. Saint-Laurent (Bertrand), Le divin chez Platon
– 637. De Tilly (Jean), La réconciliation chez Hegel.
Les autres thèses seront ajoutées progressivement dans Regard, le catalogue électronique de la BCJ.

Les jésuites bibliothécaires (1882-2005)

Voici la liste des jésuites qui, selon les catalogues de la Compagnie de Jésus au Québec, furent responsables de la bibliothèque du scolasticat de l’Immaculée-Conception de 1882 à 2005:
1. Jean Baptiste Fade (1882-1884) à Trois-Rivières
2. John Connolly (1884-1885)
3. Édouard Désy (1884-1885), bibliothécaire du philosophat à Québec
4. Jean Le Veux (1885-1886)
5. Jean Baptiste Fade (revient en1886-1887)
6. Télesphore Filiatrault (1887-1888)
7. Stéphane Proulx (1888-1890)
8. Victor Beaudevin (1890-1891)
9. Jean Reimsbach (1891-1899)
10. Aimé Proulx (1899-1900)
11. Jacques Dugas (1900-1901)
12. Arsène Monet (1901-1904)
13. Théophile Hudon (1904-1905)
14. Joseph Plamondon1905-1906)
15. Auguste Michelot (1906-1908)
16. Jacques Dugas (revient en 1908-1910)
17. Aloysius Boncompain (1910-1911)
18. Victor Hudon (1911-1913)
19. Samuel Bellavance (1913-1915)
20. Gustave Jean (1915-1916)
21. Hermas Lalande (1916-1917)
22. Victor Gravel (1917-1919)
23. Ernest Roby (1919-1920)
24. Jean-Baptiste Lalime (1920-1921)
25. Samuel Bellavance (revient en 1921-1927)
26. Jean-Baptiste Lalime (revient en 1927-1938)
27. Arthème Tétrault (1938-1943)
28. Gérard Houle (1943-1956)
29. Émile Fontaine (1957-1958)
30. Paul-Émile Filion (1959-1960)
31. Gérard Houle (1960-1963)
32. Jean-Marc Dufort (1964-1972
33. Claude-Roger Nadeau (1973-2005)

Depuis 2006, la BCJ est dirigée par une personne laïque:
– M. Marc Umba di Mambuku (2006)
– Mme Johanne Biron (2007-2012)
– M. Marc Umba di Mambuku (2013-2017)

Œuvres d’art en souvenir des jésuites

Certaines œuvres d’art décorant la BCJ rappellent le passage des jésuites au Collège et y maintiennent leur présence. C’est le cas des pièces suivantes:
1-Le monogramme de la Compagnie de Jésus (IHS) sous la croix qui surplombe le maître-autel de marbre au chœur de l’ancienne chapelle. Constituée des trois lettres majuscules de l’alphabet grec (Iota, Êta et Sigma), il rappelle que la Compagnie de Jésus (en latin Societas Jesu) est la société qui porte le nom même de Jésus et qu’elle met le nom du Seigneur au cœur de sa dévotion. On trouve le monogramme du Christ sur le sceau du fondateur de l’ordre, saint Ignace de Loyola, pour ses actes officiels de premier supérieur général de l’ordre religieux. Tout au long des siècles, on le trouve (parfois sous la forme stylisée JHS) dans les églises que les jésuites ont bâties tant en Amérique qu’en Europe et, le plus visiblement possible, à la pointe des clochers, au cœur des portails ou des tabernacles, à la première page des livres et partout où il peut figurer au mieux. C’est le signe d’une appartenance commune, un label d’identité pour les jésuites.
Une tradition populaire prétend que le monogramme IHS signifie Jésus sauveur des hommes, sans doute parce que, translittéré en alphabet latin, il rappelle l’expression chrétienne Iesus Homminum Salvator (Jésus sauveur des Hommes).
2-L’arborescence Brébeuf est un escalier symbolique dans lequel évolue un arbre en torsion. Il représente à la fois la vie et la nature, mais il évoque aussi la «famille Brébeuf». L’escalier se veut une métaphore qui rappelle tant la quête de la connaissance que la quête de la spiritualité, soit le passage du concret au spirituel en chacun de nous, par le concours de la verticalité: de la terre au ciel. Et l’escalier, avec sa progression au niveau des couleurs du vitrail, nous rappelle cette «transcendance» souhaitée par tous ceux qui s’investissent dans une démarche de dépassement de soi, attitude préconisée en tout temps à Brébeuf. À la base de l’escalier, soit au pied de l’arbre, on aperçoit l’emblème ou monogramme de la Compagnie de Jésus et, en dualité avec les différentes ramifications de l’arbre, nous retrouvons les 427 noms des jésuites qui ont œuvré au Collège depuis 1928, le tout en superposition avec la devise du Collège: viam veritatis elegi (j’ai choisi le chemin de la vérité). Sculpteur: Lawrence Beebe, professeur au Collège, avec participation de ses élèves Christian Chidiac, Djavan Habel-Thurton, Charles Hébert, Yuan Hong Xie et Amanda Tisseverasinghe.
3-Le portrait de saint Jean-de-Brébeuf, toile réalisée par J. Boyes.
4-Deux gravures par le Père Marcel Lapointe, s.j. (1928-2008), ancien professeur d’art au Collège: 4/7 banquises lunaires (1999) et Constellation 2/5 (2000).
5-Le tableau représentant l’église des jésuites et leur ancien collège de Québec vers 1635, d’après une gravure de 1671.