Jean-Pierre Gorkynian, auteur du roman Tireur embusqué, Mémoire d’encrier – © Photo : Frédérique Ménard-Aubin 

Jean-Pierre Gorkynian* est un auteur montréalais. Il est diplômé en 2005 en sciences pures et appliquées après avoir passé sept ans au Collège Brébeuf (Conventum 1998-2005). Son dernier roman Tireur embusqué a été sélectionné parmi les deux œuvres finalistes pour le Prix littéraire des collégiens 2021 !

Son livre raconte « l’histoire de Shams, un jeune rescapé de la guerre civile syrienne, vivant son premier hiver au Québec ». Dans une entrevue, Jean-Pierre Gorkynian aborde ses souvenirs du Collège Brébeuf et nous parle de son roman.

L’importance de l’éducation dans la famille

« Je viens d’une famille plutôt modeste, né de parents qui ont tous deux quitté la Syrie au début des années 80 dans l’espoir de donner une meilleure voie (voix?) à leurs enfants », se confie Jean-Pierre Gorkynian.

Dans sa famille, « l’éducation a toujours été une priorité ». Au moment de choisir une école secondaire, il ajoute que « par sa réputation d’excellence et ses valeurs humanistes, Brébeuf s’est avéré un choix idéal pour mes parents ».

« En ce qui me concerne, j’étais plutôt attiré par l’esprit de camaraderie, le Carnaval, les sports et le sentiment qu’une longue histoire habitait les murs du collège. » Jean-Pierre Gorkynian, auteur

Brébeuf : des professeurs, des valeurs, des défis et de l’aventure!

Il garde de nombreux souvenirs de ses professeurs « exceptionnels » qu’il a « eu la chance d’avoir ». Il pense entre autres à Mmes Joubert et Lalonde, ses enseignantes en français, à M. Éthier en latin, à M. Petit en mathématiques, à Mme Pigeon en sciences. Il pense aussi à certains de ses camarades de classe, comme David Boudreau et Pierre-Étienne Nantel, qui sont eux-mêmes devenus enseignants en histoire au Collège Brébeuf.

Des valeurs enseignées au Collège Brébeuf, il garde l’excellence, le goût de se dépasser, la curiosité intellectuelle et le désir de donner un sens à sa vie. Pour lui, Brébeuf est idéal « si on aime les défis, si on aime l’aventure ». Mais il précise que « l’on n’était jamais seul dans ce cheminement. On était accompagné ».

Il n’en oublie pas moins la pratique du sport. En effet, il a « eu l’occasion de faire partie de l’équipe d’athlétisme et de ballon-balai ».

Enfin, Jean-Pierre est aussi ingénieur en génie civil, diplômé de l’École Polytechnique de Montréal. Dans sa profession et en accord avec ses valeurs, il a choisi de travailler sur de « meilleures pratiques de construction durable, plus particulièrement dans l’aménagement écologique des sites et la gestion durable de l’eau ».

Sa passion pour la lecture et l’écriture

La formation classique qu’il a reçue au Collège lui a donné le goût de la lecture. Il aimait les livres que les professeurs lui donnaient à lire. Et quand il travaille, il aime retourner à la lecture de ces ouvrages.

Cette passion pour la lecture l’a conduit naturellement à l’écriture. C’est au Collège Brébeuf qu’il a commencé à écrire « dans le journal étudiant de secondaire 5 et dans Le Graffiti, le journal du collégial », souligne-t-il.

« Ma passion pour l’écriture est surtout née de ma passion pour la lecture, qui m’a été communiquée par mes professeurs, mais aussi par le bibliothécaire du collège, M. René Phaneuf », nous dit Jean-Pierre. Il se souvient des premiers romans que ce dernier lui a proposés, comme Replay de Ken Grimwood ou Le mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux.

Aussi, il se « souvient d’avoir passé plusieurs heures dans cette bibliothèque, les midis, en face du bureau de M. Bougie [enseignant en religion], à bouquiner tranquillement et à découvrir le fabuleux monde de la littérature ».

Enfin, en écrivant, il se sent utile. Si les thématiques de son livre peuvent servir et aider un jeune, il en serait heureux. « La littérature est un bon outil pour cela », précise-t-il.

De la difficulté d’être un jeune homme

Le roman Tireur embusqué « est en quelque sorte le livre que j’aurais aimé lire, plus jeune », nous dit Jean-Pierre Gorkynian

« Je parle de la difficulté d’être un jeune homme, emprisonné dans une définition sociale de la virilité qui n’a jamais été actualisée depuis l’époque d’Homère ». Jean-Pierre Gorkynian, auteur

Pour lui, « les jeunes garçons cherchent à dominer les situations, parce que c’est comme ça qu’ils ont appris à être virils. Or, la virilité ne réside pas uniquement dans la domination. Cette conception restreinte fait violence aux jeunes adolescents, qu’ils soient hommes ou femmes. Les thèmes abordés dans le roman touchent à la masculinité toxique et son effet néfaste sur les ados ».

Son roman « raconte l’histoire de Shams, un jeune rescapé de la guerre civile syrienne, vivant son premier hiver au Québec. C’est après s’être battu à l’école qu’il est contraint de suivre une psychothérapie s’il veut continuer à fréquenter son école. Il révèlera au fil de ses rendez-vous une enfance marquée par les fléaux qui se sont abattus sur Alep, sa ville natale, où la mort guette désormais à tous les coins de rue, sous l’œil impassible des snipers. À Montréal, Shams se lie d’amitié avec Kevin, qui est en proie à plusieurs problèmes à la maison, en plus d’être un rejet à l’école ».

À travers cette amitié, Jean-Pierre Gorkynian « essaie de mettre en relation les différentes violences qui les habitent : l’une plus visible, héritée de la guerre civile, et l’autre, plus invisible, plus insidieuse, mais tout aussi foudroyante, celle de la marginalité et de l’exclusion ».

La vidéo de présentation du roman Tireur embusqué

——-

*Jean-Pierre Gorkynian est un nom d’auteur.

Le premier roman de Jean-Pierre Gorkynian Rescapé (2015) chez VLB éditeur a été finaliste pour le Grand prix littéraire Archambault et le prix du Premier roman de Chambéry.